Newsletter no 1 (mars 2016)

Octobre 2004: trois responsables spirituels Kogis, trois Mamus formés pendant 18 ans dans l’obscurité, s’expriment devant 250 élèves du Collège et Ecole de commerce André Chavanne à Genève. Ils sont venus en Europe pour alerter leurs “petits frères” sur les risques du changement climatique. A près de 6000 mètres, au sommet de la Sierra de Santa Marta où ils vivent, les glaciers fondent et cela les inquiète beaucoup, car c’est un phénomène absent de leur mémoire collective millénaire.

Ils sont accompagnés de Gentil Cruz, métis qui s’est installé auprès d’eux après avoir été en charge de différentes missions au sein du ministère des affaires indiennes colombiennes. Il disparaitra un mois plus tard dans son pays. Sans nouvelles, les élèves du CEC André-Chavanne adressent une pétition au département des Affaires étrangères, demandant qu’une enquête soit lancée. En janvier, on apprendra que Gentil Cruz a été assassiné par la mafia locale.

Au-delà du choc, de l’impuissance, un élan de solidarité était né, et depuis, les élèves du collège ont l’occasion de confronter leurs références à celles des Kogis tous les deux ou trois ans. A chaque fois les questions fusent, tant il est vrai que la différence interpelle et suscite la réflexion, le débat, la remise en question ou parfois la peur.

Depuis douze ans, les relations très étroites que nous entretenons avec Tchendukua, l’association française fondée par Eric Julien, nous permettent de participer aux tournées organisées en France. Genève est chaque fois une étape importante, aussi bien par la fréquentation du public aux conférences que par la récolte de fonds contribuant au financement du rachat de terres en Colombie. Le collège contribue par ailleurs à différents projets comme l’achat d’un lieu pour faire naître une Ecole de la Nature et des Savoirs en Colombie, chère à Gentil Cruz (projet Bonda).

Aujourd’hui, il nous a semblé nécessaire de sortir de l’école en fondant une association capable de prendre le relais et de s’investir dans l’organisation des tournées et la recherche de fonds, qui représente le point fort du soutien aux Kogis. Deux axes sont en effet développés par Tchendukua : le rachat de terres pour permettre aux Kogis de maintenir leur culture, leurs traditions, en un mot leur (sur)vie; et la diffusion en francophonie de leur représentation du monde, de leur rapport à la nature, de leur lien au vivant. Ce sont ces deux aspects qui nous ont incités à lancer l’association Tchendukua – Suisse.

Notre but est donc de susciter la réflexion dans notre société où nous nous sommes petit à petit éloignés de la nature, et de contribuer financièrement aux projets développés et soutenus par Tchendukua – Ici et Ailleurs.

Pour cela, nous avons besoin d’une association forte et d’un comité engagé. Ce dernier, composé d’une équipe particulièrement motivée, issue d’un engagement de la première heure, est prêt à s’investir au mieux de ses possibilités. Il ne pourra toutefois pas atteindre ses objectifs sans le soutien de membres également engagés dans une réflexion pour un monde plus humain et proche des gens et de la nature.

Au très grand plaisir de se rencontrer ou de se retrouver lors de cette première AG,

Bien cordialement